chronique du 17/11/2009 Chimeric RADIAN Label/distributeur : Thrill Jockey
Chimeric, le nouvel album de Radian, voit le polymorphe trio autrichien s’aventurer aujourd’hui sur les rivages d’une pop contrariée, à la fois toride et enivrante. Une « pop » nourrie par les pratiques parallèles de ses membres, improvisateurs émérites et orfèvres sonores qui excellent à magnifier le silence.
Martin Brandlmayr est Autrichien et batteur. Auprès de son compatriote Werner Dafeldecker (lui, contrebassiste), on a pu l’entendre ces dernières années auprès du saxophoniste John Butcher et du pianiste John Tilbury (au sein de Polwechsel), des guitaristes Christian Fennesz, Dean Roberts et Otomo Yoshihide, ou encore auprès de David Sylvian (voir article dans Mouvement n° 53). Radian est un autre de ses projets, qu’il anime en compagnie de Stefan Nemeth (guitares, synthétiseurs) et de John Norman (basse, ordinateur) et dont Chimeric est le nouvel enregistrement. S’il aime l’ombre toujours autant, le trio est déjà passé par plusieurs phases créatives aux intérêts changeants : minimalisme, constructions rythmiques alambiquées, musiques électroacoustique provocatrice ou instrumentale claustrophobe. Ici, Radian élève à la baguette une pop récalcitrante, pétrie de boucles entêtantes, de distorsions amusées, voire de déflagrations dernières. Guitares, fûts et cymbales, s’accordent alors sur l’air d’un rock bruitiste qui se passe plutôt bien des savoirs-faires d’improvisateurs et d’expérimentateurs de ses auteurs, même s’il profite en sourdine aussi beaucoup de ceux-là. Ainsi, si la démarche de Chimeric est on ne peut plus masculine, l’auditeur pourra y découvrir une suite de subtilités rares dans le domaine, pertinemment dissimulées au creux des marches engageantes. Vociférant lorsqu’ils ne testent pas l’impact possible sur leur pratique et leur création de la convocation des silences, Brandlmayr, Nemeth et Norman signent un bel ouvrage de musique frontale et tordue, autoritaire mais enivrante. Pour tout repos, après l’écoute, conseiller à l’auditeur celle de Field, dernier disque en date de l’immense groupe qu’est Polwechsel, qui profite là de la présence du pianiste John Tilbury. De l’un à l’autre, l’atmosphère aura changé du tout au tout sans pourtant perdre en qualité.
Gagnez des invitations pour les festivals Entre cour et jardin à Dijon et La Bâtie à Genève. Et toujours, Météo à Mulhouse, Summer of Loge à Paris, des spectacles aux Brigittines, à Bruxelles, le festival Texte en l’Air à Saint-Antoine-l’Abbaye, les festivals Nous n'irons pas à Avignon à Vitry-sur-Seine et l'exposition Panorama à Lille. (Attention : la rédaction sera fermée du 31 juillet au 15 août, nous ne pourrons répondre à vos demandes pendant cette période)