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COMPTE RENDU
Nabih Amaraoui et Matthieu Burner, les corps pour eux-mêmes
Them présenté au festival Tendance
date de publication : 31/01/2012 // 2955 signes
Les chorégraphes Nabih Amaraoui et Matthieu Burner, soutenus par la Maison de la culture d’Amiens et dans le cadre du réseau européen APAP et du projet Performating Europe, ont présenté leur dernière création, Them, pendant le festival Tendance. Une pièce masculine qui désinhibe.
Une parole en murmure. Quatre hommes en fond de scène, côté cour : Joris Camelin, Grayson Millwood, Ante Pavic et Davide Sportelli, en tenue de répétitions, emmurés dans un plateau recouvert de bâches noires. Seuls dans cet espace vide et clos, ils se désignent, ils repartent de zéro. Chaque corps ramené à son individualité, sans théâtralité, se mesure à ce qui l’entoure. A l’époque de One To One (2004), duo qui scelle leur collaboration chorégraphique, Nabih Amaraoui et Matthieu Burner décrivaient le danseur comme un « coffre de résonances, confrontant les influences extérieures ». La confrontation permet de retourner à la question, si peu originale, mais bien originelle de ce qui ferait bouger son corps pour tenter de déterminer (retrouver ?) sa dynamique de mouvement.
En alerte
Davide Spotelli tente, le premier, un écart, une excursion sur le plateau, humant l’air, les sens en alerte, son regard, curieux, posé sur ce monde clos. Le mouvement est attendu, provoqué, pressenti. Pas de révélation, le poids de son corps fait frémir la bâche. Puis, chacun y va de son exploration. Trouver son own meaning. Ils ne vivent pas pour bouger, mais ils bougent pour vivre. Les danseurs se meuvent pour soi, entre sois, dans la recherche d’un la corporel qui sonnerait juste, qui sonnerait en sourdine ou avec éclats, avec agitation ou intimement. Peau contre peau, chacun assume ce qu’il est, chacun prend l’autre tel qu’il est. Sans jugement, sans férocité. Les corps se frottent, se touchent, s’expérimentent, se portent et se supportent. It would be a Wonderful World ?
Pur plaisir
« As a result, the movement finds its own meaning », écrivaient-ils encore. Le mouvement ressenti, imprégné de l’environnement externe, permettant un partage en confiance, de corps à corps, trouve as a result sa propre voie. Il surgit. Ante Pavic s’avance seul, sous le regard des autres. Il commence par un déhanché, une danse pour soi. Les bras ondulent. Son plaisir de se mouvoir pour rien, entraîne le plaisir des autres qui l’accompagnent. Et les vagues – libératrices – de mouvements arrivent comme un point de fuite. Cut.
> Them, de Nabih Amaraoui et Matthieu Burner a été présenté en création à la Maison de la culture d’Amiens les 23 et 24 janvier dans le cadre du festival Tendance. Tournée : les 24 et 25 mai au Teatro de Modène, Italie et en juillet à Bittom, Pologne.
Crédit photo : Elisabeth Carecchio.
Charlotte Imbault |
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