ENTRETIEN A kind of magic Nouvel album de Pivot, alias PVT
date de publication : 07/09/2010 // 5249 signes
Suite à des conflits homonymiques avec un groupe américain, les Australiens de Pivot se sont rebaptisés PVT. Et reviennent, toujours chez Warp, avec un troisième album d’une belle densité, Church With No Magic. Entretien avec leur leader et désormais chanteur, Richard Pike, à la veille leur tournée française.
Fondée par les frères Richard et Laurence Pike, la formation australienne Pivot, rebaptisée PVT pour cause de conflits homonymiques avec un groupe américain, s’était fait remarquer avec le rock exigeant de Make Me Love You en 2005. Deux années plus tard, rejoint par le programmateur et producteur Dave Miller, la musique du groupe se mâtine d’électronique et d’expérimentations sonores en tout genre. Ce qui lui vaut d’être signé chez Warp Record pour son second album, O Soundtrack My Heart, avant de se hâter à travailler un nouveau disque, considéré par PVT comme un second nouveau départ. Sous le feu, la glace. Sous le sourire, les larmes. Sous les vitraux, la chair. Church With No Magic est tout ceci en même temps, et ne lésine sur aucune flamboyance orchestrale pour arriver à ses fins. En l’occurrence, combler un auditeur qui ne manquera pas d’être épaté par les qualités mélodiques de Community, Light Up Bright Fires et ses distorsions cérébrales, ou ces Windows bardées de canons grégoriens. C’est à la terrasse d’un café parisien que nous nous entretenons avec un Richard Pike particulièrement volubile, et à l’enthousiasme communicatif.
Le chant occupe une plus grande place sur cet album. Vous êtes vous affranchis de certaines appréhensions ? Richard Pike : « Sur scène, nous chantons beaucoup, Dave sample sur son ordinateur… Après plus d’une centaine de concerts, nous avons eu envie de reproduire cette configuration en studio. Chaque chanson a son caractère, et lorsque nous les mettions en boîte les unes après les autres, c’était comme une avancée dans l’inconnu, vers de nouvelles expériences… Nous ne posions pas trop de limites à ce que nous faisions. C’était grisant.
Où vivez-vous aujourd’hui ? « Je me suis installé à Londres mais les autres membres du groupe sont resté à Sydney. Ce qui ne nous empêche guère d’être en connexion quasi permanente : nos liens restent très forts… A Londres, je trouve une source d’inspiration différente de l’Australie, qui est vaste, belle, mais aussi loin de tout, et où nous nous sentons isolés. Cette ville est à la fois énergique, historique et dynamique... Mais la musique est un phénomène qui peut apparaître n’importe où, à condition d’être enfermé dans une pièce. Même s’il est bien plus agréable de partir pour créer. La prochaine fois, nous choisirons plutôt à la campagne, afin de prendre un peu de recul par rapport à la ville.
Comment s’est déroulé l’enregistrement de ce second album ? « C’était génial. Cela a sans doute été le meilleur moment de ces deux dernières années. Nous l’avons enregistré à Sydney. Au départ, nous avions beaucoup de matériel sur lequel travailler, que nous avons élagué afin d’obtenir quelque chose de cohérent… avant de décider de tout reconstruire à partir de rien ! Au terme du processus, nous travaillions chacun de notre côté car nous avions besoin de cristalliser certaines choses en toute solitude. Church With No Magic est donc le fruit de deux dynamiques différentes : celle de l’individualité et celle du groupe, assez traditionnelle. Finalement, cela sonne comme nous le voulions : différent.
Les textes semblent plus soignés et plus empreints de symbolisme que sur O Soundtrack My Heart… « Notre musique se veut profonde il nous semblait stupide de rajouter des paroles à la va-vite. Elles devaient absolument être uniques. C’était donc dur, vraiment très dur, de les travailler. Mais c’était d’autant plus excitant de relever un vrai défi. Nous écoutons beaucoup de musique que je qualifierais de vocale, habitée par des textes, et l’on ne peut pas être fan de Nick Cave, de David Byrne ou de Bob Dylan sans s’essayer au moins une fois à l’écriture.
Church With No Magic, ce titre se prête à toutes les interprétations possibles. Quelle était votre intention ? « Ce n’est pas une profession de foi, juste un sentiment… Il peut y avoir toutes sortes d’interprétations, car une église peut être un lieu de rencontre, où l’on fait tantôt acte de révérence, tantôt d’irrévérence… Le tout dégage quelque chose de magique. Pour nous, les sensations procurées par la musique s’en approchent.
Peut-on considérer votre musique comme expérimentale ? « Oui, car nous voulions créer un nouvel univers tout en avançant sans stratégie aucune, sans tout savoir à l’avance. Certains groupes sont amenés à répéter à chaque album la même chose. Commercialement, ça peut même marcher, car c’est aussi là qu’ils sont attendus. Ce type de démarche ne nous correspond absolument pas, ce n’est pas notre rôle… en tout cas pas notre envie. »
Sophie Rosemont
> Nouvel album : Church With No Magic, CD Warp/Discograph. > PVT en tournée : le 11 septembre à Tourcoing (Le Grand Mix, dans le cadre du festival Radar), le 14 à Bruxelles (Rotonde), le 15 à Paris (Nouveau Casino), le 16 à Nantes (Pôle étudiant, dans le cadre du festival Scopitone), le 17 à Grenoble (La Bobine), le 18 à Nancy (L’Autre Canal), le 19 à Saint-Gall (Suisse)…
Gagnez des invitations pour le festivalHors Saison d'Arcadi, le dernier spectacle de Nasser Djemaï, Invisibles, auTarmacà Paris, la pièceSUNdeCyril TesteauCarré - Les Colonnesà Saint-Médard-en-Jalles près deBordeaux, le magnifiqueSalvesde Maguy Marin auManège de Reims,ainsi que la compagnie Retouramont auThéâtre de Châtillon. Et toujours, à Bordeaux, découvrez la pièce d'Arthur Schnitzler,Chemin solitaire,mis en scène par les flamandstg STANauTnBA. A l’Agorad’Evry, venez découvrirFauvesdeMichel SchweizeretLes FuyantesdeCamille Boitel et Boris Gibédont on vous parle dans le numéro en cours ; à Lyon, rendez-vous auThéâtre Nouvelle Génération/CDN ; partez àGenèvepour le festivalBlack Movie, vivez du théâtre documentaire auLieu Unique, à Nantes ; transportez-vous vers le futur à laGaîté Lyrique, à Paris. Mais aussi des moments improbables auVRAK Festivalen Belgique et du malambô àBonlieuà Annecy ! Et toujours, découvrez l'ensemble de la programmation du premier trimestre du Centre culturel André Malraux à Vandœuvre-lès-Nancy.
La bande annonce de Sortir du corps,d'après Valère Novarina, adaptation et mise en scène de Cédric Orain. A découvrir également dans les pages du numéro de Mouvement actuellement en kiosque.
Une vidéo de theatre-video.net