16/09/2010 - LA MAROQUINERIE Le retour de la banane Melt-Banana en concert à Paris MELT BANANA
Comme un écho des années 90, quand l'Europe découvrait la folie douce de l'underground japonais, revoici Melt-Banana. Au sein du maëlström noise nippon, il sonnait étrangement pop. Après des années 2000 un peu discrète, ils reviennent avec une formule plus electro, mais qui n'a pas faibli. A vérifier le 16 septembre, où ils partagent avec Circle la scène de la Maroquinerie.
A la fin du siècle dernier, la musique japonaise underground a connu son quart d’heure de gloire hors de l’archipel. En France, ce moment de grâce s’est cristallisé autour d’un petit cercle qui s’abimait les yeux en épluchant les pochettes des rayons de Bimbo Tower ou de Wave ou en compulsant les discographies de la bible bien nommée « Musiques japonaises indépendantes des années 90 »(1). Le mélomane déviant était titillé par la relative difficulté d’accès à tout un pan d’une culture insoupçonnée. Dès les années 1960, naît là-bas une version très personnelle du psychédélisme. Les années 1980 ont ensuite été l’époque de tous les excès sonores et de l’actionnisme noïse le plus virulent. Mais il a fallu attendre quelque temps pour que des passeurs, comme John Zorn, fassent circuler les noms de Boredoms, des Ruins, de Ground Zero ou d’Haino Keiji. C’est aussi l’époque de l’Internet naissant et ce qui était jusqu’alors inconnu, devient juste lointain, donc désirable. Dans ce mouvement, Melt Banana est arrivé un peu tardivement. A la base, le groupe vient du speedcore, une de ces formes totalement caricaturale de hardcore, où il s’agit de jouer le plus vite possible des morceaux de quelques secondes. Le public est donc assez restreint.
Toutefois, Melt Banana a souvent aimé disséminer ça et là des reprises inattendues (Beach Boys, Nina Simone…) qui laissaient entendre que le groupe avait des goûts éclectiques. Comme chez les Boredoms, la jeunesse agressive laisse peu à peu place à une maturité pop. Le chant reste toujours celui d’un chipmunk straight edge, mais des sons électroniques viennent peu à peu enrichir la musique pour aboutir à Tenny Shiny en 2000. Les chansons s’allongent, les dynamiques sont plus subtiles et, par contraste, les envolées speed ont plus d’impact. Trois ans plus tard, ils surprendront un peu l’auditoire avec un album moins fougueux pour les uns mais plus accueillant pour les autres, Cell-scape. L’évolution poursuit son cours. Comparé à la frénésie de 45t des années 1990, leurs sorties se font un peu plus espacées… sans doute le groupe consacre-t-il plus de temps à l’écriture. Peu à peu, il semble qu’ils ne sont plus cette aberration musicale, mais quasiment un groupe respectable. Toutefois, c’est en live qu’ils prennent toute leur dimension et leurs prestations épiques de 30 minutes (mais où il jouent au moins vingt morceaux…) marquent généralement les esprits. Lite Live: Ver.0.0 donne une idée de l’énergie dégagée dans ces concerts épileptiques, où les angles ne sont plus arrondis par la production studio. A la première écoute de ce mini-album, on a même l’impression de retrouver les Melt Banana des débuts. Paradoxalement, ils ont troqué la guitare contre une instrumentation 100 % électronique mais sonnent pourtant plus agressifs. On subodore une transformation prochaine dont les signes avant coureurs se feront peut-être sentir dans cette tournée européenne. qui passe par la France, la Suisse et la Belgique.
1. Disponible maintenant sous le titre Japanese Independant Music (Sonore 2000).
>Melt Banana en tournée : le 11 septembre au Hall des Chars, Strasbourg, le 13 à la Salle Camille Claudel, Clemont-Ferrant, le 14 à Emmetrop, Bourges, le 15 au BT59, Bordeaux, le 16 à La Maroquinerie, Paris, le 17 septembre au Ground Zero, Lyon, le 9 octobre au De Kreun, Kortijk – Belgique et le 10 au VK, Bruxelles – Belgique.
Florent DELVAL
Le retour de la banane 16/09/2010
LA MAROQUINERIE 23, rue Boyer 75020 Paris 01 40 33 30 60
Gagnez des invitations pour le festivalHors Saison d'Arcadi, le dernier spectacle de Nasser Djemaï, Invisibles, auTarmacà Paris, la pièceSUNdeCyril TesteauCarré - Les Colonnesà Saint-Médard-en-Jalles près deBordeaux, le magnifiqueSalvesde Maguy Marin auManège de Reims,ainsi que la compagnie Retouramont auThéâtre de Châtillon. Et toujours, à Bordeaux, découvrez la pièce d'Arthur Schnitzler,Chemin solitaire,mis en scène par les flamandstg STANauTnBA. A l’Agorad’Evry, venez découvrirFauvesdeMichel SchweizeretLes FuyantesdeCamille Boitel et Boris Gibédont on vous parle dans le numéro en cours ; à Lyon, rendez-vous auThéâtre Nouvelle Génération/CDN ; partez àGenèvepour le festivalBlack Movie, vivez du théâtre documentaire auLieu Unique, à Nantes ; transportez-vous vers le futur à laGaîté Lyrique, à Paris. Mais aussi des moments improbables auVRAK Festivalen Belgique et du malambô àBonlieuà Annecy ! Et toujours, découvrez l'ensemble de la programmation du premier trimestre du Centre culturel André Malraux à Vandœuvre-lès-Nancy.
La bande annonce de Sortir du corps,d'après Valère Novarina, adaptation et mise en scène de Cédric Orain. A découvrir également dans les pages du numéro de Mouvement actuellement en kiosque.
Une vidéo de theatre-video.net