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BRÈVE / NOTICE
Corps sonore et de silence
«Demonology # 5»
Myriam GOURFINK / Kasper TOEPLITZ

source : Les éditions du mouvement // date de publication : 01/04/2000 // 2622 signes

Demonology #5 est un projet musical de Kasper T. Toeplitz dans lequel s'inscrit la présence chorégraphique de Myriam Gourfink. Une représentation musicale «qui mesure l'écoulement du temps».

Compositeur et instrumentiste autodidacte d'origine polonaise, Kasper T. Toeplitz collabore régulièrement avec des artistes de la danse contemporaine – Loïc Touzé, Emmanuelle Huynh, Olivia Grandville ou encore Myriam Gourfink – afin d'expérimenter les développements de la perception directe d'un objet visuel et de représentation plutôt qu'uniquement sonore. Une collaboration suivie avec Myriam Gourfink débute en 1999. Il compose la musique de son quatuor Übenrengelheit, de son solo Taire et de celui qu'elle écrit alors pour Jérôme Bel, Glossolalie. Sa réflexion sur les processus de composition en danse, mode de travail à la table, primordial en musique, les réunit aujourd'hui autour de la création d'un logiciel qui servirait à l'écriture chorégraphique.

Demonology # 5 est d'abord un projet musical de Kasper T. Toeplitz dans lequel s'inscrit la présence chorégraphique de Myriam Gourfink. Une représentation musicale « qui mesure l'écoulement du temps ». Proposition d'un « corps sonore, sans focalisation, sans centre » qui se déploie sur l'ensemble des espaces du premier étage de la Ménagerie de verre. Pas de musique enregistrée mais « live ». Kasper T. Toeplitz pour la basse et le violoncelle, Carol Robinson pour les clarinettes, chacun produisant des effets électroniques via l'ordinateur. Les musiciens émettent les sons depuis deux endroits de l'espace. Impression pourtant qu'ils proviennent de toutes parts. Déplacement incessant des auditeurs / spectateurs dans ce corps sonore renforcé par un jeu symétrique d'apparition / disparition des danseuses Myriam Gourfink et Laurence Marthouret. Leurs évolutions distinctes – l'une au sol et l'autre debout – expriment malgré tout la même énergie que l'on retrouve d'ailleurs dans l'ensemble des travaux de la chorégraphe : une extrême lenteur, une quasi immobilité parcourue de micro-mouvements, de micro-déplacements et de micro-respirations. Des corps de silence comme autant d'instruments de musique.

Publié le 01-04-2000

Source : Mouvement



Carole BODIN
 
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